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Agon

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Titre original japonais : アゴン (Agon)
Titres alternatifs anglais : Monster Agon, Agon: Atomic Dragon, Giant Phantom Monster Agon

Réalisateurs : Norio Mine & Fuminori Ôhashi
Avec : Shinji Hirota, Asao Matsumoto, Nobuhiko Shima, Akemi Sawa…
Durée : 4×24 minutes
Année de production : 1964
Origine : Japon

Histoire : Un camion transportant de l’uranium tombe dans l’océan à cause d’un violent typhon. Peu de temps après, un monstre surgit de ces mêmes eaux.
Un journaliste et un détective enquêtent, aidés d’un scientifique et de son assistante.

Ma chronique : Pourtant filmée en 1964, la mini-série Agon ne fut diffusée qu’en 1968 au Japon. La faute à la Toho, qui était convaincue à l’époque que le monstre était un plagiat de leur Godzilla. Lorsque la société apprit, par la suite, que deux de ses hommes étaient impliqués sur le projet, Shinichi Sekizawa, scénariste de plusieurs Kaijû Eiga de la société, et Fuminori Ôhashi, apprenti de Eiji Tsuburaya, elle fut convaincue que la copie n’était pas intentionnelle et accepta la diffusion.
Agon est un Kaijû que je n’ai découvert que très récemment, et je dois dire que le visionnement des quelques épisodes de sa série éponyme a été une agréable surprise !

Après une première partie plutôt calme, ayant pour but de nous présenter les différents personnages, le simili-Godzilla se décide enfin à se montrer en quittant sa mer, c’est toujours difficile le départ du nid familial, offrant alors aux spectateurs plusieurs scènes d’action, qui perdureront jusqu’à la fin de son show. Les maquettes et petits joujoux envoyés par l’armée seront, en effet, détruits à cœur joie par la créature cracheuse de feu.
En tant qu’amateur de Kaijû Eiga, j’ai beaucoup apprécié ces scènes. Les maquettes sont très bien réalisées et leur présence assez importante. Cependant, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer quelques petits bémols par-ci par-là, comme un immeuble s’effondrant juste avant que Agon ne lui assène son poing sur la façade, ou encore un petit bâtiment écrasé par la bébête sans le moindre son, avant que le bruit provoqué par sa destruction ne soit finalement audible, avec un petit décalage.

L’homme supervisant les effets spéciaux du film est donc Fuminori Ôhashi qui avait notamment travaillé sur le costume de Godzilla pour le film de 1954 auparavant. On peut alors aisément comprendre les quelques similitudes dans le look des deux monstres, même si Agon reste bien moins effrayant le gros lézard de la Toho. La faute, entre autres, à sa tête que je trouve plus rigolote qu’autre chose.
Notons aussi que le Monsieur a également collaboré sur King Kong apparaît dans Edo (1938), une œuvre aujourd’hui disparue, ainsi qu’un autre film japonais mettant en scène le gorille américain : King Kong contre Godzilla (1968).

Les héros qui font face à cette créature destructrice sont composés d’un duo de journalistes et d’un scientifique d’un centre de recherche atomique, accompagné de sa jeune assistante. Ils découvriront rapidement que le monstre est en fait un dinosaure mutant, ramené à la vie par un surplus de déchets radioactifs qui traînassaient au fond de l’océan.
Le danger du nucléaire est une thématique classique pour ce type de métrage à l’époque, étant déjà à l’origine de Godzilla ou Gamera par exemple, et ce sujet est traité ici très directement. On nous rappelle effectivement à plusieurs reprises au cours des épisodes que l’être-humain est coupable de l’apparition du monstre géant à cause de sa mauvaise utilisation/gestion du nucléaire et, du coup, il a bien mérité les quelques tracas causés par la bestiole.

Il y a cependant une petite originalité dans la manière dont la menace est éliminée : Agon ingurgite, malgré lui, une mallette remplie de narcotiques. Mal en point, le monstre fuira dans l’océan, potentiellement pour y mourir.
Y a-t-il là une métaphore sur le fait que la drogue peut venir à bout du nucléaire ? Mystère…

Les années 60 ayant eu droit à plusieurs Kaijû Eiga par an, sans parler de la série TV Ultraman, autant dire que la concurrence de l’époque écrase Agon, trop banal pour se démarquer de ses collègues. La mini-série n’en demeure pas moins sympathique, elle se suit sans déplaisir et les fans de monstres nippons devraient apprécier sans problème.

Autour du film :

  • La Toho réédita Agon sous la forme d’un film de 96 minutes, au format VHS, dans les années 90.

Blu-ray, DVD et VHS :
La mini-série Agon peut être trouvé en DVD-R sur Amazon, avec sous-titres anglais. Il existe également un DVD japonais sorti en 2005, et même un Blu-ray, japonais toujours, depuis le 22 décembre 2017.